Les Carnutes : Quand Chartres était le Centre Spirituel de la Gaule
- Nathalie Gregoire
- 16 nov. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 nov. 2025
🌕 INTRODUCTION — Chartres, cœur battant du Peuple des Carnutes
Chartres ne se visite pas : elle se reconnaît.
Lorsque je suis arrivée ici pour la première fois, je n’ai pas eu besoin de comprendre : mon cœur a dit oui avant même que mon esprit ne formule la moindre question. Quelque chose en moi savait déjà cette ville. Comme une mémoire ancienne retrouvée.
Car sous les pavés de Chartres, sous le calcaire des collines et l’eau silencieuse de l’Eure, une présence veille encore : celle du peuple des Carnutes, un clan celte vénéré parmi tous, gardien des savoirs de la Terre et du Ciel.
Chaque année, les druides et druidesses venaient de toute la Gaule et d’outre-Manche pour se rassembler ici, au cœur de ce territoire sacré.
Ils se réunissaient pour honorer Belisama, la Très Brillante, Déesse du feu créateur, de la lumière du savoir, de l’inspiration qui éclaire la nuit intérieure.
✨ Encart — Belisama, Flamme du Savoir
Belisama est la Déesse de la Lumière subtile : celle qui éclaire l’esprit tout autant que la Terre fertile. Elle est le Feu qui guérit, qui nourrit, qui purifie et qui transforme.
Associée au Soleil, à l’artisanat, à l’inspiration poétique et à la connaissance, Belisama est la Gardienne de la Sagesse. C’est Elle que les druides invoquaient lorsqu’ils cherchaient à comprendre le monde et à le servir avec justesse.
Son nom signifie : « La Plus Brillante. Celle qui fait rayonner le Vivant. »
Et son éclat, ici, ne s’est jamais éteint.
Chartres est resté sanctuaire. Le sacré a changé de visage, mais pas de nature : le culte de la Déesse s’y est transformé, non pas supprimé, mais continué sous le manteau de Notre-Dame.
Dans l’obscurité matricielle de sa crypte, la Vierge Noire veille encore sur les mêmes mystères de renaissance que les Carnutes vénéraient jadis.
Peut-être est-ce pour cela que je me suis laissée aimanter. Parce qu’ici, le Féminin Sacré n’est jamais descendu de son trône . Il règne encore, dans la pierre et dans la nuit. Et mon âme s’en souvient.
🛡️ Partie II — Les Carnutes : un peuple au centre de la Gaule
1. Étymologie et nom
Le nom « Carnutes » vient du gaulois karnu- (« corne ») ou karno- (« rocher, amas de pierres »), souvent interprété comme « ceux à la corne » ou « les cornus ». Cette appellation évoquerait soit des casques aux cornes portés par des guerriers, soit un lien symbolique avec des lieux rocheux ou sacrés. Le nom survit aujourd’hui dans celui de ta chère ville de Chartres — anciennement chef-lieu des Carnutes.
2. Territoire et géographie
Le peuple des Carnutes occupait un vaste territoire dans la Gaule celtique, couvrant l’actuel Eure-et-Loir, Loir-et-Cher, Loiret et une partie des Yvelines. Leurs deux villes principales étaient Autricum (plus tard Chartres) et Cenabum (près de l’actuel Orléans).
3. Rôle religieux et druidique
Les Carnutes étaient particulièrement réputés pour leur centre spirituel et religieux : leurs terres étaient considérées comme un haut lieu de rassemblement des druides. Selon les sources de Jules César, une assemblée générale annuelle des druides de toute la Gaule se tenait dans le pays des Carnutes, afin de régler les différends tribaux et d’honorer les dieux.
4. Héritage et signification
Ce peuple offre à l’histoire un bel exemple d’union entre pouvoir spirituel et terroir fertile : la Beauce, riche en céréales, participait à leur prospérité. Leur nom, leur territoire, leurs cultes — tout converge vers l’idée d’un lieu sacré incarné, où la terre et le ciel communiquent par les rites, les druides et les assemblées.
Pour moi, Chartraine de cœur, c’est une invitation à retrouver cette mémoire vivante : marcher dans Chartres, c’est fouler le sol d’un peuple qui honorait le Féminin Sacré, la nature, le mystère.
🌀 Partie III — Instruments, Rituels et Traces du Sacré
1. Instruments et symboles cultuels
Dans le territoire des Carnutes, les instruments sacrés et les symboles n’étaient pas uniquement décoratifs : ils étaient vivants.
· Le gui (mistletoe), cueilli selon un rituel précis, incarnait la liaison entre ciel et arbre, entre vie visible et invisible.
· Le feu sacré, allumé lors des grandes assemblées, purifiait, éclairait et rassemblait autour d’un axe central.
· Des percussions et tambours rythmaient les cérémonies ; le battement du cœur humain fusionnait avec celui de la Terre.
· L’arbre, la source, la pierre massive : lieux d’union, ils devenaient le temple même. Le sacré ne sortait pas de la nature : il était la nature.
2. Rituels druidiques annuels et grandes assemblées
Chaque année, les druides de toute la Gaule convergeaient vers ce qui était alors le cœur sacré du peuple carnute. Cette réunion avait plusieurs fonctions :
· Le règlement des différends tribaux ;
· La transmission orale et spirituelle d’un héritage immémorial ;
· L’hommage rendu aux dieux et déesses, notamment à Belisama, Déesse de lumière et de savoir.
Les lieux exacts de ces assemblées restent débattus aujourd’hui, mais l’unanimité place cette tradition dans le territoire carnute, soulignant son rôle central et sacré.
3. Traces archéologiques à Chartres et environs
Dans l’ancien territoire des Carnutes, plusieurs fouilles confirment leur empreinte :
· Le site du Saint‑Martin‑au‑Val à Chartres (anciennement Autricum), complexe monumental gallo-romain de 6 hectares.
· L’ancienne oppidum d’Autricum (Chartres) et Cenabum (Orléans), cités principales du peuple carnute. Ces vestiges témoignent d’une civilisation consciente de son corps, de son territoire et de son sacré.
4. Continuité entre sacré ancien et sacré chrétien à Chartres
Le sacré ne s’est pas éteint à l’arrivée du christianisme : il s’est transformé. La cathédrale de Chartres, ses cryptes, ses vitraux : tout résonne encore des échos de la tradition druidique. L’arbre-monument celtique s’est mué en pierre-sanctuaire catholique, sans perdre sa vibration. Pour moi, Chartraine de cœur, cela signifie que marcher dans Chartres c’est fouler une mémoire vivante, celle du Féminin Sacré, de la nature, du mystère.
🌺 Partie IV — Conclusion : La mémoire sacrée des Carnutes, aujourd’hui
Vous l'avez compris, Chartres n’est pas seulement une ville. C’est un sanctuaire vivant, façonné par des siècles de dévotion — bien avant les premiers psaumes, bien avant les premières prières chrétiennes.
Ici, les Carnutes ont honoré la Lumière dans la nature, dans le feu, dans la source, dans le rocher… Dans la Déesse Belisama, lumière du savoir et de l’inspiration.
Puis d’autres mains ont élevé la cathédrale, et la Déesse a pris un nouveau visage : celui de Notre-Dame.
Mais la vibration, elle, n’a pas changé. Elle a simplement continué son œuvre.
Lorsque je marche dans ces rues, lorsque je m’assois dans la crypte, lorsque je lève les yeux vers la nef, mon cœur se souvient avant que ma tête ne comprenne.
C’est ainsi que commence la spiritualité : par un frisson venu de loin, un appel que rien n’explique, mais que tout en nous reconnaît.
Chartres demeure le lieu où le Ciel descend dans la Terre, où le Féminin Sacré veille encore, où la mémoire des Carnutes n’est pas passée — elle est présente.
Elle nous rappelle ceci :
Nous ne sommes jamais exilés du sacré.
Nous posons simplement nos pieds sur son visage,
chaque fois que nous marchons sur la Terre 🌿✨
©Nathalie











































Commentaires