đ Le silence qui fait peur : et sâil Ă©tait enceinte ?
- Nathalie Gregoire
- 21 déc. 2025
- 2 min de lecture
Il arrive un moment sur le chemin intĂ©rieur oĂč tout se tait.
Les signes se raréfient.
Les réponses deviennent floues.
La prĂ©sence que lâon sentait si proche semble sâĂ©loigner.
Et alors une question surgit, souvent silencieuse mais brûlante : « Ai-je été abandonné ? »
Ce silence-lĂ fait peur.
Pourtant⊠il nâest pas vide.
đ±Â Ce silence nâest pas une absence
Il est une gestation.
Comme la terre en hiver, comme le ventre avant la naissance, comme la nuit avant lâaube, le silence vĂ©ritable nâest jamais stĂ©rile.
Il est enceinte de ce qui nâest pas encore visible.
Nous avons appris à reconnaßtre la présence par le ressenti, les signes, les élans, les confirmations.
Mais vient un temps oĂč la conscience est invitĂ©e Ă un autre mode dâĂȘtre.
Non plus recevoir, mais devenir.
đ La nuit de lâĂąme : un passage, pas une chute
La tradition spirituelle appelle cela la nuit de lâĂąme.
Ce mot a parfois effrayĂ©, car on lâa associĂ© Ă la souffrance, Ă la perte, Ă lâobscuritĂ©.
En rĂ©alitĂ©, la nuit de lâĂąme nâest pas une punition.
Elle est un passage de maturité.
Elle survient lorsque :
les anciennes béquilles spirituelles ne sont plus nécessaires,
les guides se font discrets,
la foi ne sâappuie plus sur lâĂ©motion ou lâexpĂ©rience,
la lumiÚre extérieure se retire doucement.
Pourquoi ?
Parce que lâĂąme est prĂȘte Ă tenir debout seule.
đČ Les petites roues retirĂ©es
Comme un enfant Ă qui lâon enlĂšve les petites roues du vĂ©lo, lâĂąme vacille un instant.
Elle doute.
Elle cherche le soutien disparu.
Mais ce retrait nâest pas un abandon.
Câest un acte de confiance.
La force intĂ©rieure ne peut apparaĂźtre que lorsquâelle est sollicitĂ©e.
On nâapprend pas lâĂ©quilibre en Ă©tant tenu.
đ Quand Dieu se tait⊠câest quâIl se rapproche
Le paradoxe est lĂ , et il est immense :
Dans la nuit de lâĂąme, la PrĂ©sence nâest pas absente.
Elle nâest plus devant.
Elle est devenue dedans.
Ce qui se tait Ă lâextĂ©rieur sâenracine Ă lâintĂ©rieur.
La foi cesse dâĂȘtre nourrie par les signes pour devenir un Ă©tat stable de lâĂȘtre.
Câest pourquoi le silence peut sembler vertigineux : il ne renvoie plus Ă autre chose que soi-mĂȘme.
đ Le vrai signe que câest une nuit fĂ©conde
Il existe un indicateur simple et sûr :
đ malgrĂ© le silence, Vous continuez dâavancer.
MĂȘme lentement.
MĂȘme sans joie.
MĂȘme sans certitude.
Il nây a pas de rĂ©volte violente, mais une fidĂ©litĂ© calme.
Une marche humble.
Un « je continue » silencieux.
Câest le signe que quelque chose grandit.
đ Le silence est enceinte
Il est enceinte :
dâune foi plus mature,
dâune autonomie intĂ©rieure,
dâune verticalitĂ© incarnĂ©e,
dâune lumiĂšre qui ne dĂ©pend plus de lâextĂ©rieur.
Ce qui naĂźtra de ce silence ne sera pas spectaculaire.
Ce sera solide.
đżÂ Phrase-sceau
« Ne crains pas le silence : ce nâest pas un vide, câest un ventre. »











































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